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  • : Stephane Cuny, un homme aux pieds en caoutchouc
  • pieds-caoutchouc
  • : peinture dessin couture chat fleurs artiste
  • : Je suis ne en Algerie en 1957, pupille de la nation a six mois. Alors que mes pieds sont en caoutchouc (pieds valgus), un jour, un peu avant mes sept ans, un fabuleux chirurgien (des os) avec son scalpel, a accompli un miracle technologique... Depuis je marche, droit devant et je peins !
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Les asticots débiles

Ma modeste intervention consiste a avoir dessiné les yeux sur des balles de ping-pong et les avoir cousu sur ces longs tubes tricotés à la main, avec des fils spéciaux "plumes" et "chenille".


La semaine prochaine, elles accompagneront la grand-mère de deux petits garnements qui vivent à Münich (en Bavière) et j'imagine que si la créatrice, de ses asticots débiles, n'est pas polyglotte, je suis convaincu que Aristide et Jeanne, mes petits enfants, se chargeront de leur faire jouer en langue allemande et française.
Vendredi 23 février 2007

 GÄNSEHÄUFEL

Au Nord de Vienne, en Autriche, existe une rue au nom un peu extra-ordinaire. Une fois traduit, ça donne çà : « La rue de la plage des travailleurs » ou « Arbeitenstrandbadstrasse ». En effet, dans les années cinquante-six, le gouvernement en place a décidé de donner aux travailleurs, des parcelles de terrain incultivé, à l'abandon, aux abords du Danube et de croisements de ponts d'autoroutes, aux ouvriers. Donc, dans ces quartiers défavorisés, se sont installés des gens humbles qui ont investi et construits eux-mêmes des petites cabanes avec pontons pour y accoster une petite embarcation et ce, pour profiter des beaux jours, dès la belle saison.

 

C'est dans le vingt et unième arrondissement qu'ont poussé les plus jolies maisonnettes de loisirs. Des cabanes minuscules où les gens, à l'abri des regards indiscrets, passent les meilleurs moments de la journée autour d?un panier repas et de leur boisson estivale favorite : un verre rempli de glaçons avec une portion de vin blanc ou rouge et de l'eau gazeuse. Vers la Gänsenhöfel, il y a un îlot en plein milieu du Danube, à deux pas d'une superbe piscine en plein air, où ont poussées des superbes cabanes multicolores et minuscules. Les Viennois ne manquent pas de goût pour aménager le peut d?espace dont ils disposent et n'hésitent pas à fleurir leurs fenêtres et décorer leur façade avec des bois de chevreuil (tradition austro-hongroise oblige, il faut se replonger dans le contexte en faisant abstraction de certains principes anti-chasse), et des panneaux de bois vieillis sur lesquels ils inscrivent un proverbe, ou simplement le nom de leur demeure et quand cette dernière est ancienne, une simple date.

 

Grâce à ma bicyclette, je pouvais me rendre dans des endroit infranchissables en voiture et trop loin pour faire le parcours à pied et j'ai vu d'exquises constructions sue pilotis, avec filet pour pêche à l'étrille, comme on peu en trouver près de Nantes, sur l'Erdre. J'ai également vu des petits bateaux aménagés en maisons de loisirs, avec un mini potager, installé sur une barque, amarrée sur l'embarcation principale.

 

C'est ainsi que depuis 1956, dans les quartiers paysagers de Vienne, autour du Danube et entre le vingt et unième et le vingt deuxième arrondissement ont été créés de minuscules villages de loisirs populaires où les Viennois aiment à se retrouver dès le vendredi à midi, début du week-end. Dès les beaux jours, on sent une activité de loisirs qui s'anime à ces endroits devenus paradisiaques, alors que tout près d'infrastructures routières et d'une raffinerie de pétrole.

Des terres qui, si elles étaient à l'abandon, coûteraient à l'ensemble de la société, leur entretien, alors que dans le cas présent, elles jouissent d'une fréquentation estivale qui a permis à des petits restaurants de plein air de s'installer, l'aménagement de parcours pédestres et cyclistes. Bref une vie active où chacun profite même s'il ne possède rien sur place.

 

Personnellement, je passais mes loisirs dans ce coin, que je contemplais avec grand plaisir, lorsque je me baladais avec mon vélo aux alentours de Vienne. Car si de cette merveilleuse capitale je n'ai rien connu des fastes, j'ai pu y apprécier les plaisirs simples, dans ces quartiers populaires.

par Stéphane Cuny publié dans : Récit
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Jeudi 22 février 2007

Recette de la sauce à tartiner dite : «Ajvar»

préparation: 30 à 40 minutes et 2 heures de stérilisation

Ingrédients pour une grosse quantité de sauce :

3.5 kg de poivrons rouges ;

1 kg d'aubergines ;

1dl de vinaigre blanc (ou de vin blanc)  ;

2 cuillerées à soupe de moutarde forte ;

1 cuillerée à soupe de sucre en poudre ;

sel et poivre du moulin ;

1/2 Litre d'huile (moitié olive et moitié tournesol, c’est l’idéal sur le plan gustatif) ;

200 grammes d'ail haché très fin ;

2 cuillerées à soupe de poudre de paprika fort ;

Passez les poivrons coupés en deux au grill puis en retirez la peau et les pépins. Coupez en petits dés et réserver.

Épluchez, épépinez et découpez finement les aubergines, les poêler à feux doux dans un fond d’huile et les laisser réduire Puis ajoutes y les poivrons et tournez en cuisant à feux doux 20 minutes.

Pressez les poivrons et aubergines en purée. Ensuite mettez cette purée dans un plus grand récipient (un Wok serait parfait, il permet un meilleur travail de la matière) et ajoutez progressivement l'huile, l'ail et la moutarde.

Faîtes réduire à feu doux en tournant constamment, pendant au moins 20 minutes et en ajoutant progressivement pendant la cuisson le sucre, le vinaigre, le sel, le poivre et le Paprika fort. Veillez à ce que la préparation n’accroche pas au récipient en surveillant constamment le feu. Goûtez et rectifiez s’il y a lieu.

Versez la préparation chaude dans des bocaux préalablement maintenus au chaud et parfaitement secs. Ne pas excéder un centimètre sous la limite de remplissage indiquée sur chaque bocal, car il faut jouter une fine couche d'huile à la surface en fin de remplissage.
Laissez refroidir en maintenant les bocaux bien droits.

Fermez les bocaux hermétiquement et les plonger dans un stérilisateur rempli d'eau froide et salée en les intercalant de torchons, pour éviter les entrechocs. Enfin stérilisez pendant deux heures.

Laissez refroidir complètement dans l'eau de stérilisation et entreposez vos bocaux dans un lieu sombre.

Entreposez les bocaux dans un endroit sombre et sec. L’Ajvar se conserve au réfrigérateur une fois le bocal ouvert. Pour une consommation normale, privilégier les petits bocaux. Cette sauce peut se consommer avec toutes les viandes, la cuisine au barbecue, les Cevapcici, les sandwiches estivaux, la charcuterie et les toasts variés pour l'appéritif. Un délice !!!

Nota : Cette recette se décline de différentes manières car tout comme les Cevapceci, c'est une recette populaire et familiale des Balkans. Depuis l'indépendance de certains de ses pays, les recettes se sont "européanisées" et franchissent nos cuisines pour lui donner une petite touche entre l'orient et l'occident...
par Stéphane Cuny publié dans : Recettes de cuisine
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Mercredi 21 février 2007

Gabrielle la constructrice

En 1948, elle s’installait avec son époux dans la Vallée de Chevreuse, sur le plateau de la Hacquinière, où ils avaient acheté une petite maison entourée d’arbres. Cette maisonnette était une enfilade de quatre pièces en plain-pied implantée sur un terrain pentu. Au bout du jardin, c’était le vide, qui donnait sur une autre propriété en contrebas.

Cette femme extra-ordinaire était ma grand-mère paternelle. Jadis, elle était administratrice du théâtre Édouard Sept à Paris et mon grand-père était "chef de plateau" au théâtre des Bouffes Parisiens". Elle avait hérité du talent pictural de sa mère, qui jadis. Elle était peintre et spécialisée en miniatures florales sur cire.

Gaby était nantaise et a appris le maniement du pinceau auprès d’un vieux professeur de peinture impressionniste qui exerçait à l’Académie des beaux-arts de Nantes. Edmond, son époux, n’était pas passionné par le bricolage. Il préférait se plonger dans sa bibliothèque sur l’histoire de France.

Alors, une fois installée dans cette minuscule maisonnette constituée de murs de pierres, assemblés à la chaux, avec une pièce en façade dont la toiture était une terrasse, Gaby commence l’aménagement intérieur de sa maison. A cette époque, les moyens étaient limités et le couple avait beau exercer une profession dans le milieu culturel, ils avaient des petits revenus,  mais Gaby avait des idées. Elle les empruntait en copiant les techniques des décorateurs qu’elle voyait oeuvrer autour d’elle au théâtre.

A cet ensemble rectiligne, elle a ajouté une entrée en verre et un atelier-véranda. Cette entrée en verre était perpendiculaire à la longère. Les côtés étaient constitués de soubassements en parpaings sur lesquels étaient montées des traverses et des fenêtres qui pouvaient aérer l’entrée. L’atelier véranda était en fait un appentis qui longeait toute la maison, sur le coté droit et selon le même principe que l’entrée : un soubassement en parpaing de un mètre de haut sur lequel étaient fixés des montants en bois et sur lequel étaient posées des fenêtres. La toiture était en tôle ondulée transparente en fibre jaune et comme le soleil chauffait l’ensemble, Gaby a tendu de la toile de coton blanc, pour atténuer la chaleur. Cette verrière-atelier n’avait pas d’ouverture sur l’extérieur et on n’y accédait que par la grande salle à manger. Les murs extérieurs et toutes les huisseries de la maison étaient peint en blancs, et à l’intérieur, celui sur lequel reposait l’appentis était à demi recouvert de lambris de pin, tout comme les soubassements, d’ailleurs, qui recevaient, en guise de décoration, une multitude de petites statues de buis, que Gaby sculptait. Il y avait également une multitude de plantes qui croissaient avec délice, donnant ainsi l’impression que le jardin boisé entrait dans la maison.

Avant de parvenir à entrer dans la maison par le côté gauche on traversait, par une allée garnie de graviers, un petit jardin fleuri entouré d’énormes arbres et de statues de pierre blanches. La maison, tout en profondeur et se distinguait des autres par une seule fenêtre en façade donnant sur l’avenue Carnot, celle de la chambre de mes grands-parents. Il fallait longer la bâtisse par la gauche, avant d’apercevoir l’entrée en verre.

L’endroit était magique. Au-dessus de la porte, un poisson lune menaçait toujours de tomber sur le visiteur. On pénétrait dans la grande salle avec une grande table de bois foncé, entourée de chaises Louis XIII, sur laquelle trônaient, sur un long chemin de table blanc, deux chandeliers et une coupe de fruits.
La Pendule de Franche-Comptée égrainait les heures et sonnait à intervalle régulier. Une couronne de fer ouvragée était suspendue à une poutre du plafond et présentait outre un hareng desséché depuis des lustres, une multitude de tasses en faïence décorées.
Deux petites fenêtres à croisées éclairaient cette sombre pièce.
A droite, en passant la porte d’entrée, il fallait monter quatre marches pour atteindre un petit portillon de bois et franchir la porte de la chambre, à gauche, il faut descendre quatre marches pour atteindre la cuisine, avec une double porte à battants (dans laquelle je me suis maintes fois pincé les doigts) puis, quatre marches plus loin, on accédait à la chambre d’amis et à la chambre des petits enfants (décorée à la main de biches et de fans sur fond pastel) et enfin le cabinet de toilette.

Quand Gaby est partie pour l’éternel, nous avons dû débarrasser la maison et j’ai eu la surprise de voir l’envers du décor. Ainsi, ce que j’avais connu tout jeune, nous le démontions alors que j’étais adulte et je découvrais l’ingéniosité de cette grand-mère constructrice et peintre.

En fait, elle avait monté sur les murs de pierre, des traverses de bois sur lesquelles elle avait fixé des plaques d’ISOREL et des soubassements en lambris de pin. En retirant les armoires, il y avait des trous au travers desquels on pouvait apercevoir les pierres de la maison. Un décor de carton pâte, comme au théâtre, en somme…
par Stéphane Cuny publié dans : Narration
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Vendredi 16 février 2007

En 1994, alors que je venais d'acquérir un terrain à la campagne, un jeune chêne venait d'être fraîchement coupé, puisqu'il était déjà trop volumineux...

Il restait de cet arbre, une souche coupée à ras de terre. Mais de cette souche, il restait la racine encore jeune et encore vigoureuse. Elle avait bien l’intention de résister. Les mois venants, des nouvelles pousses on fait leur apparition, de ce jeune arbre vigoureux.

Il m’est venu une idée saugrenue : celle de tresser les pousses, au fur et à mesure de leur apparition, à condition qu’elles atteignent au minimum trente centimètre de long. Les trois premières pousses avaient déjà atteint un mètre de haut. Une première tresse se formait qui constituait le tronc de mon nouvel arbre. Les autres pousses faisaient leur apparition en étoile et de façon aérienne, à un mètre du sol, trois par trois elles étaient tressées, d’autres, deux par deus étaient torsadées en forme de «S» ou en forme de «Z». Treize ans après, en 2007, mon chêne tressé constitue une belle boule d’environ trois mètres de diamètre, posée sur une grosse tresse de un mètre de haut.

A présent, quand une jeune pousse suffisamment longue et «docile» apparaît, je lui fais parcourir d’autres branches avant de la fixer avec un morceau de raphia, ce qui lui donne à la longue sa forme finale.

par Stéphane Cuny publié dans : Narration
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Jeudi 15 février 2007

Un artiste nantais de l’éphémère

Dans le centre de la ville de Nantes, on peut croiser son regard constamment posé sur le sol. On est agréablement surpris par le maniement expert de ses craies multicolores qui tracent les contours avec précision, puis posent une a une, chaque couleur en les lissant avec les doigts ou la tranche de la main.

Il n’aurait pas de domicile, semble-t-il et personne ne s’en soucis guère. Cette situation est-elle un choix délibéré ?

Je ne le connais pas et pourtant je suis habitué à le voir dessiner sur le sol des grands tableaux inspirés de toiles de maîtres hollandais ou italiens, de vraies merveilles pour le regard des passants. Cette personne qui crée pour nous de telles merveilles, fait désormais partie du paysage urbain nantais. Il est devenu une ombre une ombre.

- Où dort-il ?

- Mange-t-il à sa faim ?

Nul ne se pose la moindre question à son sujet, car on s’habitue à la détresse des autres, alors qu’un petit coup de pouce lui permettrait de sortir de l’obscurité dans laquelle il est plongé, alors qu'il nous éblouit de la lumière de ses oeuvres éphémères…

Alors moi, je voudrais lui rendre hommage. Par cet hommage, lui faire-part de cette manière indirecte que constitue la toile du Net, de ma profonde admiration !

par Stéphane Cuny publié dans : Hommage
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