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  • : Stephane Cuny, un homme aux pieds en caoutchouc
  • pieds-caoutchouc
  • : peinture dessin couture chat fleurs artiste
  • : Je suis ne en Algerie en 1957, pupille de la nation a six mois. Alors que mes pieds sont en caoutchouc (pieds valgus), un jour, un peu avant mes sept ans, un fabuleux chirurgien (des os) avec son scalpel, a accompli un miracle technologique... Depuis je marche, droit devant et je peins !
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Les asticots débiles

Ma modeste intervention consiste a avoir dessiné les yeux sur des balles de ping-pong et les avoir cousu sur ces longs tubes tricotés à la main, avec des fils spéciaux "plumes" et "chenille".


La semaine prochaine, elles accompagneront la grand-mère de deux petits garnements qui vivent à Münich (en Bavière) et j'imagine que si la créatrice, de ses asticots débiles, n'est pas polyglotte, je suis convaincu que Aristide et Jeanne, mes petits enfants, se chargeront de leur faire jouer en langue allemande et française.
Lundi 29 mai 2006
Règlement de compte posthume !

Lorsque je te rencontrais pour la première fois, je fréquentais ta fille depuis peu.
Te rencontrer fût un véritable enchantement pour moi, était il partagé ? La charme n'a malheureusement pas duré longtemps...

Au début, avec le petit copain de ta fille, tu étais charmante, attentive. Étais-tu ravie, ravie de voir ta petite, ta seule et unique fille, la prunelle de tes yeux, devenir une femme et acquérir une certaine autonomie, je ne le saurais jamais. Déjà à cette époque, tu ne respirais déjà pas le bonheur parfait et ta fille none plus, d'ailleurs. J'ai malheureusement pu assister à des scènes d'une rare violence où votre fille en était la victime. Cette misère, ni toi ni ton époux, n'en étiez conscient.

- Dis-moi pourquoi es-tu devenue sa femme et lui ton mari ?
- Aviez vous des plaisirs en commun à part avoir baisé une seule fois pour faire une gosse malheureuse ?
- Avez-vou partagé un jour quelque chose d'autre que vos aigreurs, vos rancoeurs et votre teigneuse stupidité ?
- Pour faire comme les amies, créer une famille ?

Ensemble, vous étiez insupportables. Pensiez vous faire le bonnheur de vos petits-enfants ?

Toutes ces questions restent sans réponse et j'ai le sentiment que votre destin se perpétue dans votre descendance !

Ce que j'ai vécu avec vous me fiche le bourdon, quand je repense à cette période ?

Au début je ne me rendais compte de rien. Ma copine, sa mère et moi, allions voir des spectacles, au cinéma, faire des courses et j'en passe, laissant le vieux tout seul avec sa bouteille. Dès que ce dernier se retrouvait seul, il avait vite fait de se « pochetronner » et à notre retour, nous ne devions pas faire le moindre bruit au risque de déclencher une de ses sempiternelles colères. L'homme devenait violent, hurlait, et tabassait tout ce qu'il pouvait. Le plaisir qu'il prenait à picoler coûtait cher aux autres à chaque fois ? On mettait çà sur le compte de la boisson alcoolisée.

Mais qu'importe ce qu'il pouvait dire ou gueuler puisque même les petits week-ends à la campagne dans la maison familiale, il n'y avait pas droit, étant devenu un intrus.

Mais chère belle maman, toi qui te cachais derrière ton mari qui passait pour la terreur, tu étais bien plus perfide que lui et tes agissements étaient bien plus fourbes. Ainsi quand ta fille t?a dit, en été 1975, qu'elle était enceinte de notre premier enfant, devant moi, tu la sommais de faire passer cet enfant. L'IVG était-il déjà promulgué que tu songeais déjà faire sauter le fruit de notre première union charnelle. Ta fille t'a tenu tête et notre petit garçon est né six mois après ma majorité légale. Cette attitude de ta part aurait dû me mettre la puce à l'oreille, mais j'ai préféré fermer les yeux.

Petit à petit, je présentais ma famille à ma belle-famille, qui n'a jamais été acceptée (sauf à mon beau père qui était prévenant à mon égard et envers les miens : Une famille nombreuse de pieds noirs sans le sou, quelle horreur. Si le tyran qui allait être mon beau-père était obligeant avec moi, ce n'était pas ton cas, car tu voyais ta fille partir et tu te retrouverais seule avec ton bonhomme. Ta phrase fétiche était la suivante : « Faut pas se laisser faire par les bonhommes, ce sont tous les mêmes !!! ». Combien de types as-tu rencontré pour en faire une généralité ? Quels beaux préceptes inculquais tu à ta fille ? Elle a gardé le gosse, et a continué à me fréquenter et toi tu nous offrais des tas de meubles, d'objets divers pour l'appartement, n'hésitant pas à me traiter de fainéant au passage, puisque je venais de quitter le lycée, pour m'installer, avec ta fille.

Nous projetions de nous marier, tu nous conseillais vivement de faire un contrat pour que le patrimoine soit séparé, pour éviter, selon tes propres mots, « que ma famille ne dilapide pas tes biens », ignorant que les biens propres le restent pendant toute la durée du mariage, mais çà, je ne le saurai que bien plus tard, près de trente ans après notre mariage. Je manquais donc du moindre argument à cette époque ? Je crois que j'aurai dû suivre ton conseil, malgré que celui-ci ne m'était pas destiné puisque j'étais le "pauvre" de l'histoire. Aujourd'hui tu n'es pas là pour voir que je ne t'ai pas attendu pour grimper cette échelle sociale qui t'impressionnait tant.

Le tyran que ne te permettait pas de vivre pleinement ton aigreur ou ta liberté est parti, en juillet, alors que nous revenions d'un week-end dans votre maison à tous les deux, dont lui ne profitait plus depuis longtemps ! Il est mort et tant mieux pour lui, puisque plus aucun plaisir ne lui était permi, sauf sa bouteille de rouge. Une fois bourré, il te fichait la paix, mais il avait le réveil léger et même le soir de notre mariage où vous n'êtes venu ni à la mairie, ni au repas, organisé à Houilles, auquel vous étiez cordialement invité. Le soir, lors d'un petit pôt sans prétention, dans notre petit deux pièces mansardé, vous êtes venus, la mariée s'est couchée, fatiguée. Vous n'étiez pas reluisants : Lui en bleu de travail crade et toi avec ton vieil imperméable déglingué à la Colombo. Vous avez fini la soirée à vous tabasser dans le métro, tellement vous étiez bourrés... Chouette belle famille hein ? Des parents dézingués n'ayant qu'une seule et unique fille en plus !!!

Quand il est mort, ton tyran,  je ne t'ai pas laissé toute seule devant la souffrance. Non pas celle de perdre celui que tu n'aimais pas mais de te secourir devant les démarches administratives...

Bref, pendant quinze ans nous partagions la même personne : Ta fille, moi je me contentais des restes, de ses périodes de bonne humeur. Quinze ans pendant lesquels, tu appelais à la maison tous les jours et que tu nous honorais de tes visites tous les mercredis, pour voir tes petits enfants, les gavant de sucreries, alors qu'ils étaient enclin à l'obésité. Certes, tu les a aimé tes petits enfants, même si tu faisais des différences.

Tu es morte en septembre 1987, alors que je partais vivre une nouvelle carrière et la maladie qui t'emportait avec tant de souffrance me touchait réellement. Tu ne t'en es jamais rendue compte, trop préoccupée par ton amertume. D'ailleurs tu ne t'apercevais de rien puisque seule ta fille avait ta considération. Tu es morte en faisant la gueule, alors que j'étais à tes côtés, seul, une fois de plus à accomplir ce qu'une fille aurait dû accomplir pour ses parents.

Pendant toute ma jeunesse tu as foutu la merde et je t'en remercie, belle-maman. Je te remercie d'avoir bercé ta fille dans de belles illusions en me menant la vie dure. Ta fille est seule à affronter le monde et quelles armes lui as tu donné sinon de la monter contre les hommes ? Toute sa jeunesse, entre 1958 et 1975, l'as-tu responsabilisée devant la dureté de la vie ? Non ! C'est elle qui paie la facture de tes erreurs. Bravo !

Lorsque tu es partie, je me suis senti libéré, mais la libération ne fut que de courte durée. Comme quoi j'aurai dû être prévoyant et je recommande à ceux qui sont amoureux, le regard vague et la bouche en coeur, l'air stupide :

Cher lecteur, avant de faire ta vie avec l'autre, regarde ses vieux à quarante ans, tu peux être certain (ou certaine) qu'il (ou elle) aura en héritage le caractère de l'un ou de l'autre?

Pour ma part, mon héritage est lourd à porter. La différence est que moi, je le sais !!!
par Pieds-Caoutchouc publié dans : Souvenirs
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Dimanche 28 mai 2006
Mon petit frère s'est éteint à trente-trois ans. Une terrible maladie et une agonie de deux ans : le SIDA. Pour toute l'assemblée, le "Crabe" l'a emporté, autrement dit, il était de bon ton qu'un cancer ait eu raison de lui...

La famille s'est posé la question lors des funérailles, alors qu'il fallait avant tout se resserrer autour de la dépouilles, mais qu'importe... Pour tout le monde, il était mort d'un cancer jusqu'au moment où après la mise en terre, un membre de ma famille me dit : "tu peux boire dans mon verre, je n'ai pas le SIDA !". Alors là, j'ai explosé et dit tout haut ce que tout le monde taisait tout bas : "Mais mon pauvre vieux, Joël est mort du SIDA !!!"

Deux ans auparavant j'étais invité à déjeûner avec ma tribu chez mon petit frère et son épouse. Après le repas, les femmes proposent de faire un tour avec les enfants, Joël, se sentant fatigué, manifestait son désir de rester seul avec moi pour me parler.

A peine la troupe a refermé la porte derrière elle qu'il fond en larme en me disant :
" je vais mourir, j'ai le SIDA... Les séjours incessants à l'hôpital Saint Louis, c'est çà ! Je n'ai rien fait de mal... Personne ne le sait, je n'en ai parlé qu'à ma femme, forcé par le médecin."

J'avais grand peine à le consoler tant ses larmes l'emportait dans de violentes convulsions. C'est vrai que je l'avais vu changer : le teint plus terne, les cheveux qui devenaient gris comme la mort et surtout des apparitions de plaques sur le corps. Il avait terriblement maigri et je connaissais déjà les symptômes de la maladie puisque mon meilleur ami Jean-Luc a été emporté par ce terrible mal un an auparavant.

Mon jeune frère, voulait-il que je sois son porte parole et que je fasse comprendre à la famille la terrible issue qui lui serait fatale ?
Je vivais déjà à Nantes lorsque la maladie s'est vraiment montré féroce et amenuisait ses forces.
La naïveté de mon frère a même été abusé par un charlatan rencontré dans un salon de la médecine parallèle. J'aurai voulu traîner en justice ce type, qui, introduit auprès du malade, prodiguait des remèdes bidons, moyennant une coquette rétribution. Mais que faire face à la douleur ? A force de régimes inadaptés, mon frère est devenu de plus en plus faible et sa vie ne tenait plus qu'à un souffle.

Personne n'a voulu entendre la terrible fatalité : Joël ne pouvait pas mourir, il était le plus jeune des garçons et surtout, je ne pouvais pas, compte tenu de ma sensibilité, tenir un discours ni juste ni rationnel. Etait-ce plus rassurant de se dire que la dernière grand-mère, bien plus âgée que lui devait partir avant ?

Un jour d'avril il séjournait chez ma mère, aux moments où son corps ne se battait plus. Il commençait déjà à se vider de ses selles, ne mangeait plus, il s'éteignait peu à peu comme une bougie don la flamme vacille. Il est mort étouffé dans les bras de notre dernière soeur, qui était ambulancière et l'a emballé dans un linceul de toile blanche plastifiée, munie d'une fermeture à glissière.

Dans cette famille, ceux qui pouvaient passer l'information se sont tus. Nous aurions pu permettre à Joël de finir moins durement son existence, réaliser son rêve le plus fou, avant de partir... Non, rien n'a filtré et le secret a été bien gardé et surtout l'honneur était sauf !

Pendant très longtemps, je me suis reproché de n'avoir pas réussi à faire passer l'information, et surtout de m'être adressé à des sourds.
par NDL44 publié dans : Récit
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Samedi 20 mai 2006
Cétait en 1998, le Championat du Monde de Football de 1998 avait deffrayé la chronique et les Français étaient en odeur de sainteté, même en Autriche.

Je me rendais à la piscine "Theresian Bad" tous le jours, pendant la pause méridienne et nageais une heure sans m'arrêter. J'étais mal dans mon âme. Si mal que je m'épuisais à la nage et quand je montais sur mon vélo, c'était pour lui faire avaler des kilomètres, à ma petite reine, lui faisant subir mes chutes.

Un jour, alors que je fréquentais le bassin depuis un an, je revois un moniteur que je connaissais vaguement, mais lui m'avait déjà remarqué. Il me crie "Allors Fabian, bravo la France ?". Je n'ai pas capté, lui fait  un signe de la main et continue mon éternelle brasse qui n'en termine pas. Personne ne peut me barrer le passage sans prendre de risque tant j'ai de l'agressivité à me débarrasser. J'ai même dit un jour à un groupe de gamin que j'étais un monstre qui mangeait les enfant avec des frites et de la mayonnaise. Leur institutrice faisait la gueule, mais les gamins m'appelaient le requin et à chaque fois que je passais, ils se sauvaient en criant joyeusement. Au moins, il y en a certains qui s'en amusaient.

Alors, je sors de mon bassin d'inox flanqué en pleine nature, pour m'apprêter à retourner bosser quand ce type vient à ma rencontre et me prend mon crâne chauve entre ses mains et l'embrasse en me disant "bravo Fabian".

La seconde phrase qu'il me prononce en Français est la suivante :

"Si les Français sont champions du monde, toi tu dois apprendre à nager !"

A partir de cet instant je faisais connaissance avec un docteur en technologie du sport. Jacek est polonnais, né à Craquovie. Les jours qui ont suivi, Il m'a réappris à nager dans les règles de l'art, alors que je nageais comme un sauvage. Un sacré bonhomme que je n'oublierai jamais
par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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Jeudi 18 mai 2006
Je devais avoir sept ans, cette première rentrée scolaire en cours préparatoire et je m'en souviens comme si c'était hier.

Mon premier jour de classe ne coïncidait pas avec la rentrée puisque j'étais introduit en classe par l'institutrice, Madame Laurent, qui m'installe  juste devant, face à son bureau et me remet les différents cahiers et livres qui me seront nécessaires pour apprendre à lire.
Pourquoi m'a-t-elle placé si proche de son bureau ? Tout simplement parce que j'avais encore une "légère fragilité" due à ma démarche toute récente, avec mes chevilles toutes neuves et mes jolis brodequins montants en cuir noir qui sentait bon la cire.

Madame Laurent avait pour mission de ne pas me lâcher d'une semelle, me tenir quand on montait et descendait les escaliers, me tenir à portée d'elle pendant la récréation, car la moindre chute du pantin pouvait être fatale et mettre en péril de travail du chirurgien, Monsieur le Docteur Moreau.

Le souvenir de ce premier jour s'est éteint au moment où l'institutrice me remet un livre de lecture. Je l'ouvre et prends connaissance de l'objet, qu'ensuite et pendant très longtemps, je démonterai pour distribuer chaque feuilles aux ours en peluches que je placerai devant un crayon et un papier et singerai ainsi les différentes institutrices qui ont sévi pendant ma tendre jeunesse.

Je me retrouve donc le nez au-dessus d'un ouvrage à l'odeur nauséabonde, si désagréable que je n'ai pu m'empêcher de vomir dessus ! Quel début enthousiaste, n'est ce pas ? Je crois qu'à cet instant précis, mes relations avec le milieu scolaire étaient appelées à être les plus agréables.

Toutes les années qui ont suivi, je n'ai pas toujours eu la même nausée devant certains ouvrages, mais je crois que ce milieu ne m'inspirait déjà pas confiance. Ce qui expliquera sans doute mon parcours scolaire chaotique, accompagné d'une camaraderie que je n'ai jamais choisie et qui ne m'inspirait que méfiance. En effet, la première année passée, mon opération s'étant solidifiée, je ne bénéficiais plus de cette protection bienveillante et j'étais alors aux prises de camarades peu attendris par ma démarche de canard. Je devais donc faire face aux farces les plus cruelles. Si à chaque sortie d'école, mon frère, aîné de deux ans de plus que moi, n'était pas à l'heure devant la porte de l'école, j'avais systématiquement droit à une raclée qui pouvait m'être infligée par un, deux ou plusieurs gamins de mon âge, soit en même temps ou à tour de rôle. Ca a duré toute ma jeunesse.

Il m'est arrivé un jour, alors que j'étais déjà adulte, de prendre parti pour une gamine qui prenait une correction à la sortie de son école. Je lui ai pris la main sans m'adresser à ses agresseur, que d'un simple regard noir. En m'éloignant avec elle, je tentais de la rassurer et quelques pas après, je la lâchais car elle était en sécurité.

Pendant très longtemps, je n'étais pas à l'aise, quand il fallait accompagner mes enfants à l'école et pourtant, j'avais grandi. Que pouvait il donc m'arriver de pire que ce que j'ai vécu ?
par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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Mercredi 17 mai 2006
Les trois frangins, nous étions dans la même école pendant quelques années et chaque année il y avait la campagne de vaccination collective à laquelle nous devions nous plier.

Etant gamin, je ne peux pas dire qu'il s'agissait d'une véritable partie de plaisir et si tous les trois, nous avons eu si longtemps une peur viscérale de tous ceux qui portent la blouse blanche, ce n'est pas pour rien et l'histoire que je vais te raconter, cher lecteur, elle est arrivée par bon nombre de gens de ma génération qui, pendant très longtemps, n'ont fait aucune confiance au secteur médical.

Je devais être ne cours élémentaire, ayant redoublé le cours préparatoire, à cause de l'odeur de ses livres de lecture...

Toute la classe se retrouve en slip et maillot de corps blanc, dans un chahut réprimé par une institutrice et des trucs habillés de blanc, dont la mission était de s'emparer du moindre contrevenant pour lui imposer la piqûre qu'il refusait avec force.

Je n'avais pas encore enlevé le pantalon que je me trouvais avec une affreuse tache jaune sur le slip. La pantalon trempé, j'étais à sec pour fournir le strict nécessaire à l'analyse d'urine. Première engueulade. Il faut dire qu'à l'époque, même tout jeune, on devait penser comme des grands. Pisser dans son froc était alors sévèrement réprimé... S'ensuit donc de railleries qui n'étaient pas que verbales, je ne m'y étais pas encore habitué, mais à la moindre occasion, j'y avais droit... Mon petit frère, mon grand frère et moi étions trois attractions puisqu'il fallait jusqu'à cinq personnes pour nous tenir. Il fallait donc avoir de la force pour maîtriser notre peur !

Chaque année, c'était la même chose et on avait beau grandir, notre angoisse ne faiblissait pas. Il faut dire que tous les éléments y étaient favorables. Alors chaque années, une armée médicale vêtue de blanc nous attendait pour nous piquer de force. Pour ma part, mon argumentation n'a jamais convaincu ma mère qu'on infligeait à ses enfants les pires tourments et une certaine humiliation en public. Rien n'y fait, elle n'a jamais voulu sortir ses enfants de cet enfer.

Finalement, ils ont compris et se sont organisés différemment, puisque nous déclenchions la terreur collective et notre angoisse s'étendait sur tous les autres gamins. Alors on passait les premiers ! On affrontait tous les trois nos tortionnaires avant tous les autres. Quel privilège !

Les visites médicales étaient les pires moments car étant des garçons, on avait le droit à la cerise sur le gâteau : La vérification que tout le matériel intime fonctionne parfaitement. J'en ai encore le frisson en écrivant ces lignes !

Devenu parent, j'ai fait confiance à un médecin de famille et lui seul, avec la gentillesse qui le caractérise, était habilité à procéder sur mes trois enfants, à toutes les vérifications et vaccinations qui s'avéraient nécessaire. Personne d'autre et surtout loin du public.

La dignité d'un enfant, même petit, doit toujours être respectée !
par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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