MARIÉS TROP JEUNES ?
L'histoire qui suit est arrivé à pas mal de gens qui ont vu la vierge en Solex et sont tombé de très haut.
Manquant de tout repère dans l'enfance : des parents compréhensifs et aimants qui ont des enfants adorables... Un monde idéal et parfait qu'on souhaite voir se réaliser et dont on est au premier rang.
Qui n'est pas parti de chez ses parents vers un mirage, s'est engagé envers l'autre pour fonder un foyer, avoir des enfants et faire ainsi comme tout le monde.
En 1974 la loi donnait la majorité à dix-huit ans et c'était trois ans de moins à attendre pour voir accomplir ses rêves, le bonheur quoi !
Ils se sont connus à l'école et croyaient au père Noël et ont mis du temps avant de se rendre compte que ce n'était qu'un rêve, une illusion. Tant que les gens ne sont pas engagés, ils le souhaitent avec un ardeur formidable. Pourtant, autour des bambins qui se croient hommes et femmes, il y a les relations, la famille, parfois plus lucide...
L'amour toujours, comme on dit, ça existe vraiment ? Pourtant peu de jeunes adultes s'imaginent que leurs actes futurs peuvent être lourds de responsabilité. Faire un enfant, endosser sa paternité, se marier et j'en passe. La moindre relation amoureuse non-protégée ne donne pas que des maladies, elle engage les deux protagonistes envers le fruit de leur ardeur charnelle et surtout l'un envers l'autre.
Alors ils se sont mariés quatre jours après la majorité du jeune homme, la jeune femme paraissait plus mûre... Elle le paraissait, mais au fond d'elle, elle n'était qu'une gamine gâtée par une mère mal aimée et un père qui a perdu son insouciance dans les camps nazi.
Peu après leur union, la mère de la mariée s'est immiscée dans la vie du couple. Elle n'avait rien à perdre puisque son couple n'existait plus depuis longtemps. Le jeune époux était bien naïf (comme beaucoup d'hommes) et ne se posait pas de question. C'était si simple pour lui, et la situation lui échappait complètement. Il acceptait l'inacceptable. Belle maman n'oubliait pas de téléphoner à sa fille tous les jours pour lui prodiguer de précieux conseils et elle ne ratait pas une visite chaque mercredi, pendant que son gendre n'était pas là... Elle avait libre cours à entretenir l'insouciance de sa fille. Au retour du gendre, il avait le droit à une multitude de remontrance : les précieux conseils de belle-maman étaient donc si efficaces ? Fifille était bien docile avec sa mère et une vraie diablesse avec le jeune idiot qui se trouvait face à elle !
Trois enfant sont nés de cette union et naturellement, belle maman profitait tant de sa fille que des petits enfants. L'autre grand-mère (pourtant au caractère bien trempé) a jeté l'éponge dès le début. Elle avait vu les manigances de la mère et sa fille. La mère de l'époux n'existait pas, aux yeux de belle-maman. "La mère du crétin, une femme qui n'a pas pu s'empêcher d'avoir neuf gosses, avec trois maris différents... Si ça se trouve il y en a d'autres qu'elle cache !". La grand mère maternelle est certainement plus habilitée à prodiguer les meilleurs conseils, n'est-ce-pas ?!
Et puis le mari était jeune, inexpérimenté, dépensier... De toutes façons tous les hommes sont les mêmes, si on pouvait s'en passer, ce serait plus commode. Une famille avec une autorité matriarcale, c'est plus fiable pour mener à bien l'éducation des enfants...
Quinze ans après leur union, belle maman est morte, laissant sa fille seule, face à ses responsabilités, ses désillusions, ses rêves qui s'écroulent. Quinze ans pendant lesquels elle n'avait pas lâché le couple d'une semelle, imposant sa constante présence. Le mari avait accepté, pour ne pas déplaire à sa femme et surtout pour avoir la paix. Malheureusement pour lui, son inaction n'avait aucun effet positif puisque belle-maman occupait le terrain et, à la limite, il devenait le maillon en trop, dans ce trio !
A présent que tu es morte, belle-maman, vois-tu le résultat de ton oeuvre, avec la complicité de ta fille chérie ? Certes, ils ont fondé une famille, eu des enfants merveilleux, mais à quel prix ? Mais le couple n'a jamais existé et tant que ta fille n'écoutait que tes conseils, soit disant avisés, elle ne voyait rien d'autre. La détresse de l'autre crétin qui se trouvait face à elle, le géniteur.
L'autre crétin s'est rendu compte tardivement qu'il n'était pas de la bande, même si son beau-père avait de la considération pour son gendre, une affection paternelle pour le fils qu'il n'avait jamais eu, ce gendre qui aimait son beau-père, comme le père qui lui manquait, la mère et la fille s'en fichaient pas mal. Le beau-père était déjà largué, le gendre finirait sans doute pareil, dans l'alcool... De toutes façon, elle est morte trop tôt pour voir le désastre qu'elle avait subrepticement semé.
Aujourd'hui, il y a trente ans qu'ils sont mariés et ils ont tenu envers et contre tous. Certes, leurs enfants n'ont pas vécu le divorce de leurs parents, mais s'en sont-ils mieux portés ? Les enfants sont adultes et voient leurs parents s'entre déchirer pour des broutilles, comme tous les couples. Mais le pire est que des deux personnages principaux, en vieillissant, ils ne se regardent plus, n'éprouvent l'un pour l'autre qu'un vague sentiment dont ils ne connaissent plus le sens.
Il n'y a plus de couple, et s'ils supportent leur présence mutuelle, est-ce par l'opération du Saint-Esprit ou grâce à leurs petits enfants ? D'ailleurs, il n'y a jamais eu de couple mais un vague ménage à trois avec au centre "Belle-maman", pendant quinze ans, elle avait tissé sa toile autour d'eux, muselant le mari et amadouant la femme.
Si seulement leur échec affectif pouvait être l'exemple à ne pas suivre ! Pourtant combien de vieux couples peut-on croiser dans les supermarchés, lui, planté devant le chariot, pendant que sa femme l'engueule en gesticulant dans tous les sens.
En 2007, j'aurai cinquante ans et je ne veux pas ressembler à ça, quand je serais vieux. J'imagine le pire, si je devais être gravement malade et subir quotidiennement les aigreurs de ma femme qui, en vieillissant, ressemble à sa mère.
A tous ceux qui décident un jour de faire un petit bout de chemin ensemble, apprenez à vous respecter mutuellement et à ne pas déborder dans l'univers de l'autre. Créez vous un jardin merveilleux où l'autre est un invité, mais un espace privé dont vous êtes seul le maître (ou seule, la maîtresse) des lieux. Ceci peut être une image ou bien un univers concret. Ne dépendez jamais de l'autre et ne le laissez pas dépendre de vous. Chacun doit pouvoir dire "NON" si bon lui souhaite, sans attirer désapprobation ou injures.
Sachez enfin qu'en vieillissant on change : les opinions qu'on avait à dix-huit ou vingt ans ne sont plus les même à quarante ans voire plus. Le épreuves se chargent de faire changer les états d'esprits trop pointus en les émoussant peu à peu. Les membres du couple ne regardent plus toujours dans la même direction. Enfin, la réussite individuelle dépend des orientations de chacun, laissant l'autre sur le carreau. Ainsi, la femme qui laisse de côté sa carrière pour élever ses enfants, se retrouve "inutile" lorsque les moineaux ont quitté le nid. Il serait préférable qu'elle y songe avant de se retrouver "le bec dans le sable".
Ceci dit, je n'ai pas la parole d'évangile, mais méfiez vous toujours d'une belle-mère envahissante et surtout de son enfant trop immature. Dans ce cas, avant de s'engager, mettre les points sur les I et les barres aux T.
Merci Belle-maman de m'avoir mené cette vie de patachon !
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