La liberté fondamentale et la manière de se vétir...
Après avoir vécu en région parisienne pendant près de vingt ans, j’ai l’opportunité de venir m’installer à Nantes. Nous sommes en 1987 et je vais avoir trente ans. Depuis trois ans, alors que je
travaille de brigade dans un centre informatique, j’ai perdu 37 kilos et j’ai retrouvé une taille de guêpe : 60 kilos pour 1 mètre 70… Le rêve quoi et nous sommes en été, fin août, début
septembre…
Un jour, je débarque au travail entièrement habillé de blanc, mais en bermuda anglais – chemisette et mocassins blancs… Il y avait tant d’années que je n’avais pu m’habiller de la sorte que j’e
n’avais pas hésité à sortir le grand jeu, ce jour là. Près de trente ans, je crois encore être jeune et un peu con, mais voilà, j’ai commis l’irréparable et ce n’était pas vilain à voir, car tout
était parfaitement blanc et correct, hormis le fait que j’avais les jambes à l’air : du haut de la cheville au milieu du genou.
Or voilà, en commettant l’irréparable, je me suis mis à dos mes collègues féminines, outragées par autant de provocation, alors que les gars, me disaient, certes, que j’étais gonflé et qu’ils
n’auraient jamais osé le faire à ma place, mais qu’ils n’hésiteraient pas à s’habiller de la sorte s’il continuait à faire aussi chaud. Il faisait très chaud, cette année là et la saison des
pluies nantaises débutait à la mi octobre.
Je passe ma journée sans difficulté, percevant quelques regards désapprobateurs de quelques unes de mes camarades et en partant, je croise mon patron qui me toise et me dit, avec un air très
embarrassé : « Mon jeune ami, ce que vous portez vous va très bien, mais comprenez, ce n’est pas le genre de la maison…»… Autrement dit : « allez vous changer ! »…
Le lendemain, je ne portais plus de bermudas anglais, ni de mocassins, mais un pantalon « cigarette » vert et une chemise peinte à la main bleue, rouge et jaune…
Où avais-je donc la tête, à cette époque ?
Un peu à l’ouest et pas vraiment entre les deux épaules. Cette anecdote, je la paie encore très cher aujourd’hui.
Pourtant, malgré la mode du pantacourt qui se démocratise et permet d’être à l’aise tout en travaillant, Notre pays reste attaché à des principes désuets, stupides et réfractaires, par rapport
aux états unis et à d’autres pays d’Europe où le port du short est toléré le vendredi, car le vendredi est le jour de la liberté (Friday et Freitag signifie bien cela) et ça ne choque personne.
j’ai appris bien plus tard, lors de ma formation en droit, que la liberté fondamentale de s’habiller comme bon nous semble, peut être mise à mal par le droit du travail car la jurisprudence
montre que le licenciement d’une personne qui a osé travailler en bermuda anglais, a été confirmé par la Cour de Cassation. Je vous recommande ce site : http://bermuda.canalblog.com/ …
Mon anecdote aurait pu devenir le même drame qu’a connu ce salarié. Fort heureusement pour moi, j’avais la chance d’être encadré par un homme intelligent, ce qui est aujourd’hui de plus en plus
rare.
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