Présentation

  • : Stephane Cuny, un homme aux pieds en caoutchouc
  • pieds-caoutchouc
  • : peinture dessin couture chat fleurs artiste
  • : Je suis ne en Algerie en 1957, pupille de la nation a six mois. Alors que mes pieds sont en caoutchouc (pieds valgus), un jour, un peu avant mes sept ans, un fabuleux chirurgien (des os) avec son scalpel, a accompli un miracle technologique... Depuis je marche, droit devant et je peins !
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Les asticots débiles

Ma modeste intervention consiste a avoir dessiné les yeux sur des balles de ping-pong et les avoir cousu sur ces longs tubes tricotés à la main, avec des fils spéciaux "plumes" et "chenille".


La semaine prochaine, elles accompagneront la grand-mère de deux petits garnements qui vivent à Münich (en Bavière) et j'imagine que si la créatrice, de ses asticots débiles, n'est pas polyglotte, je suis convaincu que Aristide et Jeanne, mes petits enfants, se chargeront de leur faire jouer en langue allemande et française.
Mercredi 26 juillet 2006

Madame Bénichou

Mes deux frères et moi, les trois garçons étions envoyés à Saint-Fraigne en « Aérium » pour y passer trois mois d’été… Nous avions rejoint l’aîné qui y séjournais déjà depuis quelques mois, pour soigner son énurésie.

A peine arrivés on nous a séparé en nous mettant chacun dans un groupe, un dortoir et enfin des espace de jeux distincts, afin qu’aucun contact ne puisse être établi entre nous. C’était un déchirement total. Joël et moi en avons beaucoup pleuré. Ils ont bien crû, pendant quelques jours, qu’ils seraient contraints de nous renvoyer à notre famille et nous ont accordé un « droit de rencontre », tous les trois jours entre deux activités. Mais nous ne devions pas nous rencontrer ni à la cantine, ni ailleurs. L’univers carcéral, quoi !

C’était une institution religieuse dont les bonnes-sœurs avait un costume bien original, car déjà, à l’époque j’étais attiré par les chiffons. Elles étaient donc vêtu de bleu et blanc. Une chasuble bleu nuit recouvrait une « blouse » blanche, une croix de bois posée en biais lui barrait la poitrine. Elle avait un cache cheveux blanc sur lequel un voile bleu nuit était posé. C’était un ordre sévère et ces bonnes-sœurs étaient réputées pour leur extrême sévérité. Elle nous donnait des cours car nous étions arrivés dans cet institut, alors que l’année scolaire n’était pas encore terminée. Je me souviens de mon grand frère qui se faisait courser par la sœur Saint-Philippe, une femme maigre et plissée, dont le simple regard nous glaçait d’effroi. Mon frère était brave, il sautait comme un cabri de table en table alors qu’elle vociférait, sa baguette de noisetier à la main, prête à lui claquer les cuisses.

Je me souviens peu de cette scolarité, et sur ces trois mois passés à Saint-Fraigne, j’ai dû être malade plus de deux mois.

En effet je suis rapidement tombé malade de la rougeole et de grosses complications respiratoires, Le médecin du coin est venu me voir trois ou quatre fois, à intervalle régulier et je me suis retrouvé alité et sous haute surveillance. J’échappais donc momentanément à cet enfers et me retrouvais donc couvé dans le « pavillon », un mot que je trouvais joli et que je ne connaissais pas. C’était une maison en forme de croix, au centre d’un parc rempli de fleurs, où il y avait l’infirmerie avec des chambres à deux lits aux murs jaunes et aux grandes fenêtres sur lesquelles étaient tendus des rideaux de coton blanc. Une lumière diffuse traversait les rideaux, une belle lumière d’été. Nous devions être au mois de juillet, quand j’occupais seul ma chambre à deux lits. La rougeole, ça avait l’air d’être grave, car on me traitait avec beaucoup d’égard. La sœur infirmière était une jolie eurasienne dont je ne me souviens plus le nom. Elle était douce et cela me changeait de toutes ces pestes que j’ai pu rencontrer à Saint-Fraigne ! Je n’ai pas bougé de ma chambre et la fièvre ne baissait pas et quand j’ai pu commencer à m’asseoir puis me lever, la douce sœur m’apportait des crayons de couleurs, des ciseaux et du papier et j’ai commencer à dessiner, découper des quantités de motifs floraux. Je reproduisais les fleurs que je voyais au travers de ma fenêtre, dans ce délicieux jardin. J’offrais à cette sœur qui me soignait, l’intégralité de ma production qu’elle accrochait partout dans la pièces où je vivais reclus. Jamais je ne me suis ennuyé, préférant cette solitude rassurante à la compagnie des autres et leurs jeux stupides. Au bout d’un moment, j’ai dû quitter la chambre pour rejoindre mes camarades d’infortune qui pourtant s’adaptaient mieux à ces conditions de détention que moi-même.

Je rejoignais donc l’immense dortoir, les vastes endroits où l’on faisait sa toilette, dans la pire des promiscuité, puisque je portais comme des marques honteuses de grandes cicatrices aux jambes et aux chevilles et je devais sans cesse m’en justifier. J’avais droit aux mises à l’air, pour exhiber, outre mon anatomie de gamin, mes cicatrices qui se voyaient bien plus que le reste de mon corps.

Combien de fois étais-je la risée des autres car des traces marrons maculaient mon slip ou mon pantalon de pyjama ? Je me retrouvais avec d’autres une matinée durant, au milieu de la cour, à poil avec l’objet du délit accroché dans le dos… Dans mon dortoir, il y avait un gosse qui souffrait d’un problème psychologique, on désignerait à présent son problème sous le nom scientifique « d’autisme » qui lui éviterait bien des tracas. Il tournait sans cesse comme un derviche et personne ne pouvait l’approcher. Ce qui ne lui empêchait pas d’endurer des sanctions punitives d’une rare brutalité. Il a connu l’enfermement dans le cachot, la cave, pour le calmer. Le pauvre garçon était gentil et je n’avais pas de difficulté à rester proche de lui, sans lui parler ni le toucher. Quand j’étais à côté de lui, personne ne s’approchait de moi, puisque j’étais à côté du dingue. Je me sentais protégé par lui…

De toutes ces teignes, ces religieuses sans âme, sans expressions du visage qui leur donnerai la moindre trace de vie intérieure, je conserve le pire des souvenirs était Madame Bénichou. Pourtant elle n’était pas religieuse, elle, mais c’était pire car elle était une « laïque » comme on disait et je ne connaissais pas le sens du mot. Je comprenais plus tard qu’elle et son gosse, profitaient de tous les avantages du lieu et de la table, sans débourser le moindre centime et qu’en contrepartie, elle aidait un peu à la cuisine et à la surveillance des garnement.

Ce qu’elle faisait le mieux, consistait à faire aux autres gamins ce qu’elle n’aurait jamais fait au sien. Elle s’y employait merveilleusement bien et savourait nos grimaces quand elle nous saisissait les tempes ou nous arrachaient les oreilles pour nous faire lever de terre. Ensuite elle nous baissait la culotte pour nous faire goûter à la badine, une petite baguette fine et flexible qui faisait terriblement mal.

Tout prétexte était bon pour se recevoir une raclée de la part de cette raclure, sur simple dénonciation de son nigaud de fils. Ce petit crétin avait tous les droits, il était le meilleur de nous tous, car lui n’était ni un bâtard, ni un gosse attardé, ni un enfant de débauchés… Cette garce aimait confesser également et en guise de prière rédemptrice, nous privait de dessert, alors que les repas n’étaient déjà pas des plus frugaux.

Son fils, un petit gros aux cheveux gras plaqués sur un visage flasque, nous piquait notre goûter, surtout si sur la tranche de pain, il y avait une note sucrée. Combien de mes goûters se sont accumulés dans le gras de son ventre !

Elle avait la charge d’empêcher les gamins de courir, de jouer, de prendre un peu de plaisir… Pour ma part, je n’ai subi que son affreux fils, qui me dérobait mon goûter, tous les jours. Mais comme je marchait mal et ne courait jamais avec mes énormes chaussures orthopédiques, je n’ai pas eu l’occasion de savourer les coups de verges de cette vieille carne, qui devait avoir moins de quarante ans.

Fort heureusement, dans cette institution de brutes dégénérées, il y avait une homme fabuleux : Raoul, le jardinier et sa chèvre. Il habitait une petite cabane entourée d’une clôture de bois ou il cultivait un bout de potager. Il nous racontait comment il procédait, de la plantation de la graine, en passant par le repiquage et enfin l’entretien des plantes, avant la cueillette finale et comme nous avions toujours le ventre creux, nous savourions quelques fraises, quelques tomates de sa production en prenant garde de ne pas être vu par les autres cerbères et surtout le fils Bénichou.

Notre enfer touchant à sa fin, notre mère avait elle payé l’intégralité de notre triple pension ? Nous nous sommes retrouvés dans un autocar en direction d’Angoulême avec trois énormes valises. A Angoulême, nous avons été débarqués sans ménagement par le chauffeur, près de la mairie, le Château des Ducs, lorsque la plus grosse valise s’est ouverte sur le trottoir, laissant échapper tout son contenu… Joël et moi étions en larme, perdus dans cette grande ville. Bernard a agi, je ne sais comment, mais à l’époque, il devait posséder un soupçon de bagou, puisqu’une femme prévenante a chargé valises et gamins dans son break et nous nous sommes retrouvés à la maison, alors que personne ne nous attendait.

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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Mardi 25 juillet 2006

Pipi dans un lit militaire

 

Les gens de ma génération en parlent peu, mais nombre d’entre nous avons connu ce « petit problème »…

Comme je le racontais précédemment, nous étions trois garçons, parmi d’autres enfants d’une nombreuse fratrie et nous n’avions que deux années d’écart entre nous.

Malheureusement nous avions tous les trois le même problème d’énurésie et à l’époque, pisser au lit était sévèrement puni. Les sanctions étaient si sévère qu’à l’heure actuelle on appellerai cela de la violence sur enfant.

 

S’entendre régulièrement dire qu’on nous couperait le zizi, si cette manie ne cessait pas, était déjà traumatisant pour les petits garçons que nous étions. Parfois nous restions éveillé pour ne pas céder à cette tentation naturelle et malheureusement, dès que nous étions vaincus par le sommeil, nous nous retrouvions dans une certaine chaleur bienfaisante qui devenait vite froide et qui nous valait au réveil, en guise de câlin, une raclé « méritée ».

 

Un de mes frères a dormi longtemps sans matelas, à même les lattes d’acier de son petit lit militaire, car même si nous étions éduquée par une femme seule, nous avions une éducation quasi militaire :

 

- Nous dormions dans des lits militaires avec des couvertures en poil de chameau ;

- Nous avions pour coffre à jouet, des caisses de munitions ;

- nous mangions avec des couverts en aluminium, et buvions dans des cars de l’armée et devions manger l’intégralité de notre assiette, même le gras de la viande ;

- nous rangions nos souliers cirés par nos soins dans des placards fait en caisses militaires, estampillée Armée Française ;

- Les corvées étaient réparties entre nous de façon militaire et les sanctions n’étaient pas plus agréables, fort heureusement, nous échappions au trou ou au « gnouf » ;

- Nous avions une coupe de cheveux à la légionnaire et moi, par chance, comme j’avais un joli cran sur le front, ça me faisait une jolie houppette blonde, au milieu d’une coiffure très à la brosse, avec une nuque bien dégarnie.

- Enfin, la table de la salle à manger était une ancienne porte de prison militaire, qui provenait de la caserne d’Alger…

 

Hou là là ! C’était tout un programme et il ne fallait pas se plaindre ou pleurnicher. Les baffes volaient très vite, avant d’avoir versé la première larme, comme ça on pleurait au moins pour quelque chose !

 

Et moi qui marchait avec mes belles chaussures orthopédiques noires et bien lustrées, jusqu’à l’âge de douze ans, je tombais souvent et donc, je prenais une baffe à chaque larme versée. « Ce sont les FILLES, qui pleurent ! ». Cette phrase, je l’entendais à chaque baffe, avec exactement la même intonation. Pourtant, ma mère n’était pas un monstre, elle a été élevée comme çà… Voire même pire puisqu’elle était chez les bonnes sœurs à Nantes et qu’elles la sortaient du lit par les cheveux quant elle « flemassait » trop longtemps dans son lit. Non, ma mère était autoritaire, mais il parait que c’est normal, avec autant de garçons à élever… Les filles méritent moins de baffes, elles sont plus obéissantes et plus douces… Pourtant ma sœur aînée, ma tendre grande sœur était récalcitrante et elle en prenait, elle, des baffes. Combien de fois elle nous cajolait quand on était punis. Ma douce et aimante grande sœur…

 

Après les trois garçons, il y avait encore deux filles. De vraies chippies, quand elles étaient petites. Ma mère leur cédait tout ! Rien n’était trop beau pour elles. En grandissant, elle en ont pris aussi, des baffes, mais ma mère était plus coulante, plus vieille, mais toujours aussi autoritaire. Elle l’est resté jusqu’à la fin, et pourtant bien seule.

De mes trois sœurs, il m’en reste deux : l’aînée et la benjamine, douces et affectueuses, elles sont différentes mais d’une grande tendresse. Celle qui était au milieu est morte depuis trois ans. Elle était la préférée, car étant jeune, elle ressemblait étrangement à ma mère, peut être trop, puisqu’elle a vécu la même vie de patachon.

 

Alors pour revenir au pipi au lit, dont nous avons souffert. Un médecin avait dit à me mère, à propos d’un de mes frères la chose suivante : « Ce gosse pisse au lit, non par manque d’affection. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais s’il pisse, c’est uniquement pour vous emmerder. Il a le diable dans la peau votre gamin ! ». Grâce à cette phrase « magique », mon frère a vécu ses plus tendres années dans des institutions tenues par des religieuses. Il a dormi sur des matelas électrifiés, a subi je ne sais quels traumatismes. Bref, on lui a pourri son enfance et il ne l’a pratiquement pas partagé avec nous, puisqu’il faisait la navette entre le HLM de Soyaux (Charente) où nous habitions et Arcachon, chez les sœurs à cornettes. Pendant trois mois, alors que je devais avoir huit ans, nous nous sommes retrouvés tous les trois garçons, à Saint-Fraigne, dans un institut tenu par des religieuses de l’ordre de Saint Bernard, pour subir une reprise en main de nos mauvaises manies nocturnes…

 

Depuis peu, la science nous a donné raison puisqu’elle considère que les problèmes de pipi au lit correspond à une inadéquation hormonale, qui agit sur la maturité des réflexes des la vessie de certains enfants. Je ne peux m’empêcher de penser à ce crétin de médecin, dont je vous ai relaté le propos et qui, par cette simple phrase a condamné mon frère, comme on condamne un criminel.

 

Ni mon frère, ni moi, ne sommes des cas exceptionnels, il faut se replacer dans le contexte de l’époque où les enfants étaient élevés comme des petits chiens, qui prennent des tapes à chaque erreur.

 

Pour ma part, je n’ai jamais reproduit ce que j’ai vécu. Aujourd’hui, je ne sais plus pleurer…

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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Mardi 25 juillet 2006

La délation et les créanciers

 

Depuis quelques années, la société tente d’aider les familles en difficulté. Une loi Neiertz permet aux débiteurs et aux créanciers de s’entendre en étudiant la situation de la famille endettée et en recalculant les taux de crédits et les mensualités. Elle permet également au débiteur une protection contre les huissiers et certains créanciers indélicats, pendant toute la procédure.

Même si ces mesures sont positives, elles peuvent avoir certaines lacunes et pourtant elles visent à minimiser les sanctions encourues pour ceux qui, à une période de leur vie, ont une gestion peu rigoureuse de leur patrimoine.

 

Ce que je vais vous raconter est arrivé à ma famille, alors que j’étais très jeune.

 

Ma mère était veuve de militaire et elle venait de rencontrer un type qui par la suite lui a donné trois enfants. Il était routier international et on le voyait de temps à autres à la maison. A l’époque, mon besoin de père faisait que j’étais sentimentalement attaché à cet homme qui pouvait légitimement remplacer le père que le destin m’avait arraché.

 

Un matin vers sept ou huit heures, une délégation a débarqué au bâtiment F 5, numéro 45, à Soyaux, où nous habitions. Une délégation qui avait été envoyé sur dénonciation faire une enquête de « flagrance » sur les lieux, pour constater que ma mère jouait parfaitement le rôle de la « veuve joyeuse » et elle a su ce matin là qui venait de dénoncer son existence dissolue. C’était un voisin veuf qui habitait au-dessus de notre appartement. Peut-être avait-il été éconduit par ma mère qui était encore une très jolie femme, veuve, peut-être, mais encore appétissante, même lorsqu’elle sortait avec tous ses gosses.

 

Toujours est-il que mon souvenir de cette intrusion est resté gravé dans ma mémoire ! Ils se sont introduits sans ménagement, dans l’appartement, isolant les enfants un par un, en commençant par les plus jeunes, qu’ils ont entièrement déshabillés, pour voir l’état de leur linge. La plus petite de la famille était dans son berceau, et elle s’est retrouvée nue comme un vers, en gueulant et gesticulant tout ce qu’elle pouvait. Elle avait beau être asthmatique, qu’est qu’elle gueulait !

 

Mon tour est passé, évidemment j’en ai pissé dans mon slip, j’avais sept ans environ et il m’ont pressé de questions, tant et si bien que je ne savais quoi répondre…

 

De bilan de cette folle matinée est qu’on a supprimé la pension de veuve de guerre, qui nous permettait de subsister, tout simplement parce que ma mère avait un coquin, et qu’on a retrouvé un rasoir et du savon à barbe dans la salle de bain. Inutile de vous dire que ma mère ne pouvait pas compter sur le moindre complément du fameux coquin, qui aimait sans doute la compagnie de ma mère, mais dans d’autres circonstances qui, à l’époque m’échappaient et que la venue au monde des trois derniers ne tardait pas à mettre en évidence.

 

De cette intrusion dans notre existence, le voisin ne s’est pas douté que pendant toute notre jeunesse, nous aurions le balai des huissiers de justice, les saisies sur nos meubles, et surtout les commerçants chez lesquels nous avions de multiples ardoises et qui nous harcelaient, nous les gamins, à chaque fois que nous passions devant leurs boutiques…

 

De la franchise ou de l’indiscrétion de l’assistante sociale, qui dévoilait le vilain délateur, ma mère s’est vengée : Elle l’a attendu dans l’escalier et lui a flanqué une raclée bien méritée. Il s’en est tiré avec le nez cassé et quelques dents en moins. On en a peut-être bavé, mais si la justice était injuste, l’homme éconduit ne passait plus devant notre porte et prenait ses précautions pour ne pas prendre une nouvelle correction !

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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Mardi 25 juillet 2006

Jugé par ses pairs

 

Tu vis, tu travailles avec d'autres personnes, des gens qui croient te connaître et si tu as confiance, tu te confie, tu t'expose ainsi à leur appréciation. S'ils t'apprécient, c’est tant mieux, par contre si au contraire ils ne t’apprécient guère, tu t’expose au jugement des autres. Ce jugement peut s'avérer implacable. Il peut te condamner sans appel, simplement pour ta sincérité, ton caractère entier. Il fallait que tu entre dans un moule sans en déborder et tu n'as pas compris ce qu'on attendait de toi.

 

Par une indiscrétion, tu as su récemment ce qui se dit de toi et ça t'a fait mal. C’est écrit noir sur blanc et le signataire ne te connaît même pas, c’est un comble ! tu trouves cela injuste et sans fondement. Sois toi-même t'a-t-on dit un jour et tu l'as sans doute trop été… Toi-même, avec ce débordement qui te caractrérise. Un débordement qui déroute celui ou celle qui ne te connaît pas. Les gens te jugent sur a priori, par oui-dire, sans te laisser une chance et crois-moi, à chaque fois et sans faille, tu dois faire tes preuves auprès de ses pairs. Leur prouver le contraire de ce qu'ils pensent de toi.

 

Mais ces pairs qui te jugent ainsi, qui sont-ils pour porter un tel jugement catégorique ? Il y a tant d’années que tu es sorti de l'adolescence et que tu occupes divers emplois, cherchant à élargir tes horizons en enrichissant tes connaissances professionnelles. Toutes ces que tu passes les épreuves nécessaires à un minimum de reconnaissance et malgré une telle ténacité, on a décidé que tu n’es pas "apte", tout simplement parce que tu n’as pas un parcours normal. Tu sors du moule dans lequel on voudrait t’enfermer…

 

Comme tu me ressembles et ton parcours est aussi le mien. Je ne le souhaite à personne :

- Des épreuves à la naissance, mon père meurt lorsque j'ai six mois ;

- Ensuite ma mère apprend que je ne pourrai peut être jamais marcher et elle tente l'impossible pour que je puisse un jour poser seul, l'un après l'autre, mes pieds à terre et ainsi avancer ;

- Adolescent, et pour ma première expérience professionnelle, je me retrouve parmi une équipe d'ouvriers alcooliques et dépravés qui abusent de mon jeune âge, m'humilient en réunion ;

Détestant ce corps humilié, je me laisse aller à grossir et ma santé me met dans une grave situation où je frise le licenciement ;

Heureusement, celui qui m'avait embauché fait tout ce qu'il peut pour me sauver en évitant le pire.

Conscient que je ne dois qu'à moi-même, à force de volonté, pour changer mon destin, je réussis à changer d'orientation professionnelle.

Sans cesse, je me suis battu pour ne pas sombrer et remonter à contre courant une destinée que je parcours comme si j'avais pris le train en marche.

 

Depuis quelques jours je suis conscient que pour moi, la partie est loin d’être gagnée et que comme toi, je ne dois pas rester dans une situation qui est devenue ingérable…

 

Ce que tu as appris aujourd'hui te blesse certes, mais même si tu dois persévérer, comment montrer à tes détracteurs qu'ils se sont trompés sur toute la ligne ? Continue à croire en toi car si tu doutes, tu laisse à tes détracteurs carte blanche pour réduire l’édifice que tu as crée de tes mains et ton âme en ruines !

 

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Règlement de compte
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Lundi 24 juillet 2006

 GÄNSEHÄUFEL

Au Nord de Vienne, en Autriche, existe une rue au nom un peu extra-ordinaire. Une fois traduit, ça donne çà : « La rue de la plage des travailleurs » ou « Arbeitenstrandbadstrasse ». En effet, dans les années cinquante-six, le gouvernement en place a décidé de donner aux travailleurs, des parcelles de terrain incultivé, à l?abandon, aux abords du Danube et d?infrastructures routières, aux ouvriers. Donc, dans ces quartiers défavorisés, se sont installés des gens humbles qui ont investi et construits eux-mêmes des petites cabanes avec pontons pour y accoster une petite embarcation et ce, pour profiter des beaux jours, dès la belle saison.

 

C?est dans le vingt et unième arrondissement qu?ont poussé les plus jolies maisonnettes de loisirs. Des cabanes minuscules où les gens, à l?abri des regards indiscrets, passent les meilleurs moments de la journée autour d?un panier repas et de leur boisson estivale favorite : un verre rempli de glaçons avec une portion de vin blanc ou rouge et de l?eau gazeuse. Vers la Gänsenhöfel, il y a un îlot en plein milieu du Danube, à deux pas d?une superbe piscine en plein air, où ont poussées des superbes cabanes multicolores et minuscules. Les Viennois ne manquent pas de goût pour aménager le peut d?espace dont ils disposent et n?hésitent pas à fleurir leurs fenêtres et décorer leur façade avec des bois de chevreuil (tradition austro-hongroise oblige, il faut se replonger dans le contexte en faisant abstraction de certains principes anti-chasse), et des panneaux de bois vieillis sur lesquels ils inscrivent un proverbe, ou simplement le nom de leur demeure et quand cette dernière est ancienne, une simple date?

 

Grâce à ma bicyclette, je pouvais me rendre dans des endroit infranchissables en voiture et trop loin pour faire le parcours à pied et j?ai vu d?exquises constructions sue pilotis, avec filet pour pêche à l?étrille, comme on peu en trouver près de Nantes, sur l?Erdre? J?ai également vu des petits bateaux aménagés en maisons de loisirs, avec un mini potager, installé sur une barque, amarrée sur l?embarcation principale.

 

C?est ainsi que depuis 1956, dans les quartiers paysagers de Vienne, autour du Danube et entre le vingt et unième et le vingt deuxième arrondissement ont été créés de minuscules villages de loisirs populaires où les Viennois aiment à se retrouver dès le vendredi à midi, début du week-end? Dès les beaux jours, on sent une activité de loisirs qui s?anime à ces endroits devenus paradisiaques, alors que tout près d?infrastructures routières et d?une raffinerie de pétrole.

Des terres qui, si elles étaient à l?abandon, coûteraient à l?ensemble de la société, leur entretien, alors que dans le cas présent, elles jouissent d?une fréquentation estivale qui a permis à des petits restaurants de plein air de s?installer, l?aménagement de parcours pédestres et cyclistes. Bref une vie active où chacun profite même s?il ne possède rien sur place.

 

Personnellement, je passais mes loisirs dans ce coin, que je contemplais avec grand plaisir, lorsque je me baladais avec mon vélo aux alentours de Vienne. Car si de cette merveilleuse capitale je n?ai rien connu des fastes, j?ai pu y apprécier les plaisirs simples, dans ces quartiers populaires.

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Récit
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