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  • : Stephane Cuny, un homme aux pieds en caoutchouc
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  • : Je suis ne en Algerie en 1957, pupille de la nation a six mois. Alors que mes pieds sont en caoutchouc (pieds valgus), un jour, un peu avant mes sept ans, un fabuleux chirurgien (des os) avec son scalpel, a accompli un miracle technologique... Depuis je marche, droit devant et je peins !
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Les asticots débiles

Ma modeste intervention consiste a avoir dessiné les yeux sur des balles de ping-pong et les avoir cousu sur ces longs tubes tricotés à la main, avec des fils spéciaux "plumes" et "chenille".


La semaine prochaine, elles accompagneront la grand-mère de deux petits garnements qui vivent à Münich (en Bavière) et j'imagine que si la créatrice, de ses asticots débiles, n'est pas polyglotte, je suis convaincu que Aristide et Jeanne, mes petits enfants, se chargeront de leur faire jouer en langue allemande et française.
Mercredi 2 août 2006


Sans cette malheureuse aventure, je n'aurai jamais fait d'aussi belles rencontres !


Un ponton sur le Danube


Il y a quelques années, je vivais une expérience humaine que je ne souhaite à personne. En suis-je revenu grandi ? Je ne crois pas, mais en tout cas, après des années de recul, je me dis qu’il fallait que je vive une telle expérience pour découvrir l’âme humaine et découvrir une région et son peuple.

 

Chacun de nous a sa propre expérience de la vie professionnelle et en fonction du point de départ, cette vie sera plus ou moins glorieuse. Je suis parti de très bas et quoiqu’en pensent certains, il n’est pas indécent de dire aux autres qu’on vient de loin et qu’on a gravi les barreaux de l’échelle sociale, un à un, avec plus ou moins de difficulté et un succès qui n’était pas toujours au rendez-vous.

 

Quand parfois mes songes noircissent et que la mélancolie me gagne, j’ai la chance que mes enfants me rassurent en me disant les mots les plus doux, pour me réconforter et surtout me rassurer. Le message que je voulais leur transmettre pendant leur jeunesse est bien passé. Ils me disent que j’ai participé, en partie (avec leur mère) à leur succès et que sans cesse il faut prouver sa valeur professionnelle à ceux qui doutent et qui jugent.

 

Bref, je me suis retrouvé pendant une période donnée, confronté à des gens qui excellaient dans leur domaine mais qui, sortis de leur contexte, n’étaient plus bons à grand chose. Alors le meilleur moyen qu’ils trouvaient pour ne pas prendre le risque d’être pris au dépourvu, était d’entretenir un mauvais climat où la confiance, le savoir-vivre et la sérénité n’existaient pas. J’en ai terriblement souffert, ils entretenaient un tel climat que j’étais sans cesse en proie au doute. Je me disais que mon parcours était vain : Tout ce que j’avais appris dans un effort constant, en sacrifiant ma famille, en étant peu avec mes enfants n’avait servi à rien.

 

Y avait-il un sentiment de jalousie à mon égard ? Rien ne transpirait, hormis des remarques perfides et surtout quand je me retrouvais seul, face à ces personnages. J’avais complètement perdu confiance en moi. Cette confiance qui est si difficile à prendre en soi quand, sans cesse on cherche à enrichir ses connaissances, en marchant dans l’inconnu, face à une technologie qui évolue sans cesse. Du coup, j’ai abandonné cette technologie que je maîtrisais depuis plus de vingt ans, me disant que dorénavant je voulais m’en tenir à des valeurs humaines. C’est là le point positif de mes mauvaises rencontres !

 

Aujourd’hui et grâce à cette période peu glorieuse où cette différence culturelle entretenait une certaine frustration de part et d’autres, j’ai décidé de passer à autre chose et en tournant définitivement cette page, je laisse définitivement ces tristes personnages à leur médiocre préoccupation : celle de médire sur tout ce qui leur échappe.

Enfin, cette période m’a rapproché d’autres peuples. J’ai appris leur langue et leurs cultures, j’ai continué à m’enrichir à leur contact dont on trouve les traces de cette richesse, sur ce qui me tient à cœur à présent.

 

C’est en Europe Centrale, que j’ai rencontré des hommes et des femmes fabuleux qui, avec la générosité qui leur est si particulière étaient aussi curieux que moi de connaître l’autre, en partageant avec moi la table et la conversation, sans le moindre a priori, alors que d’autres s’ingéniaient à me traiter comme de la merde en me surnommant le « chaouch »auprès de ceux que je ne connaissais pas… A ces derniers qui se prennent pour ce qu’ils ne seront jamais, je dis que si petit que je suis, j’ai eu la chance de côtoyer des gens de grande qualité humaine, des gens plus ou moins humbles, originaires de France ou d’ailleurs, qui partagent leur histoire avec une autre culture. Ce qu’en langage de paludier on appellerai la « fleur de sel », cette substance qui est au-dessus du sel et si recherchée par les gourmets. A ces personnages peu recommandables qui m’ont tant fait souffrir je dis donc que pendant cette périodes, pendant laquelle ils me considéraient comme de la sous-merde.

Ce que ces gens ignorent c'est que je suis allé déféquer où jamais ils n’iront manger !

par Pieds-Caoutchouc publié dans : Règlement de compte communauté : Mon fort intérieur
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